Dernières nouvelles de TATIT

~ accueil ~

08 août 2015

Cette année Danielle, la présidente, n’a pu passer que quinze jours au Niger.
Les deux premières semaines de juin n’étaient pas idéales car non seulement il faisait très chaud (jusqu’à 47 °C) mais les premiers orages de la saison des pluies ont encore d’avantage accentué la chaleur.
Comme les trois années précédentes elle n’a pas pu se déplacer hors de Niamey, car pour cela il faudrait une escorte militaire …qui coûte cher ! Elle est donc restée dans la capitale pendant toute la durée de son séjour, et les visites reçues de Tahoua l’ont un peu consolée de ne plus pouvoir se rendre sur le terrain.

Avec tous les événements dramatiques qui se passent à ses frontières, le Niger est sur le pied de guerre et ses habitants vivent dans la crainte d’une dégradation de la situation. La région de Diffa est touchée par les exactions de BOKO HARAM et de nombreux villageois fuient vers la capitale.

Alors que des trombes d’eau transformaient la plupart des quartiers de Niamey en bourbiers, les éleveurs et les agriculteurs de brousse attendaient en vain les premiers nuages. La pluie est finalement arrivée mi-juillet à Bagga puis début août au Nord, dans la région de Tchintabaraden , où les nomades étaient déjà partis en transhumances malgré l’absence d’herbe sur les pâturages et d’eau dans les mares. Il a fallu louer un camion pour transporter les personnes âgées et les animaux affaiblis, pour éviter qu’ils ne meurent en route.
Finalement le transfert s’est bien passé et la pluie tombée début août a rassuré tout le monde.

Les mangues ont bien poussé dans le jardin de Bagga. La récolte, qui a eu lieu en juin, était bonne.
Les fruits sont consommés sur place et tout le monde apprécie cet apport de vitamines. Les enfants en raffolent et même les adultes, d’abord réticents (ils n’avaient pas l’habitude de manger des fruits !) sont maintenant conquis. Ce qui reste est vendu au marché pour pouvoir acheter des produits indispensables comme de l’huile, du sel, du sucre, du thé, du bois de chauffage et du savon.

Ce printemps une épidémie de méningite a fait 7400 morts, selon les statistiques officielles. Dès que le comité directeur de TATIT en a été informé, des fonds ont été envoyés pour acheter des vaccins et faire vacciner tous nos écoliers ainsi que leurs frères et sœurs, au total une centaine d’enfants.

Les nouvelles de nos filleuls sont bonnes .
Les « broussards » sont à présent au Nord avec leurs familles et les troupeaux. L’école de brousse est fermée jusqu’à leur retour, après la récolte du mil, fin octobre, début novembre.
Les écoliers de Tahoua ont tous réussi leurs examens de passage vers la classe supérieure, sauf notre premier candidat au Bac, qui devra le repasser en 2016, en compagnie, cette-fois-ci, de trois nouveaux candidats, dont la première jeune fille.

Nos anciens filleuls se portent bien eux aussi .
Danielle a vu Mohamed et Ekam à Niamey. Mohamed, qui travaillait pour « Save the children », une ONG américaine qui a malheureusement quitté Niamey pour se rapprocher des camps de réfugiés au sud-est du pays, a retrouvé un poste dans une association nouvellement crée, qui s’occupe de l’achat de bétail sur pieds et de céréales pour des ONGs locales et internationales.
Ekam, a présent marié mais pas encore père de famille, est gestionnaire d’une entreprise de transport à Tahoua.
Quant au grand ’frère de Mohamed, Assa, il a été promu directeur d’une école primaire à quelques kilomètres de Bagga, où il vit à présent avec sa femme et sa petite fille… qui aura bientôt l’âge d’être l’élève de son papa !

-------------

25 octobre 2014

La situation au SAHEL

Loin de s’améliorer grâce à la présence des militaires français et américains sur le terrain avec leurs drones, elle s’aggrave avec l’apparition de Daech (combattants du califat islamiste) en Algérie.
Plusieurs anciens groupes terroristes, qu’on pensait neutralisés, ont refait surface au Nord Mali. Entr’autres atrocités, ils ont décapité un jeune touareg « pour l’exemple », et ont suspendu sa tête à l’entrée de son village, pour dissuader les habitants de la région de fournir des informations aux troupes françaises sur leurs agissements. Cet évènement tragique n’a pas suscité un grand émoi dans les médias occidentaux... il est vrai qu’il ne s’agissait pas du ressortissant d'un pays occidental !

Au Nigéria, Boko Haram poursuit ses exactions sanglantes contre les habitants des provinces du Nord, chrétiens et musulmans confondus, et fait à présent des incursions de l’autre côté de la frontière pour s’en prendre également à la population du Niger, accusé de soutenir la France dans son combat contre les islamistes.

Le Ministère des Affaires Etrangères déconseille formellement les déplacements dans tous les pays de cette zone, le Niger étant sur la liste des pays les plus déconseillés.

NIGER

Le Niger a eu récemment les « honneurs » de la presse internationale, malheureusement pour une bien mauvaise raison. En effet, les épouses de plusieurs hauts fonctionnaires, dont celles du président de l’Assemblée Nationale, ont « acheté » des bébés au Nigéria, dans ce qu’on peut appeler une « usine à bébés », et les ont déclarés comme étant leurs propres enfants. Douze femmes ont été écrouées, ainsi que leurs maris, mais le président de l’Assemblée Nationale, principal adversaire du Président de la République pour les prochaines élections présidentielles, est en fuite.

La situation étant loin d’être sûre au Nord Mali, au Nigéria et en Centrafrique, des réfugiés continuent d’arriver de ces pays, aussi bien à Niamey qu’à Tahoua, Filingué et Diffa. Ceux qui ont de la famille ou des connaissances dans ces régions les rejoignent, mais ce sont des gens qui ont souvent eux-mêmes des difficultés à joindre les deux bouts. Le Haut-Commissariat aux Réfugiés prend les autres en charge, aidé par plusieurs ONGs, dont « Save the Children », mais cette aide risque de bientôt s’arrêter.
Encore heureux que le virus Ebola n’ait pas fait, lui aussi, son apparition dans le pays !

La saison des pluies a été globalement bonne, mais très inégale. Certaines zones ont souffert d’inondations, alors que d’autres ont été insuffisamment arrosées. La situation alimentaire ne pose, pour l’instant, pas de problèmes majeurs.

TAHOUA

La rentrée scolaire 2014/2015 s’est bien passée. Tous nos élèves ont trouvé une place dans des écoles privées, dont les frais d’inscription augmentent chaque année, mais c’est le prix à payer pour un enseignement de meilleure qualité que celui de l’Education nationale nigérienne, où le manque de moyens provoque des grèves fréquentes. Néanmoins, de grand progrès semblent avoir été faits cette année et la rentrée a partout eu lieu dans des bonnes conditions, laissant espérer que le Niger est enfin sur la voie d’une meilleure scolarisation de sa très nombreuse jeunesse.

BAGGA

Grâce à des pluies régulières, les gens de Bagga ont pu bénéficier de bonnes récoltes, mais un peu plus loin, dans la vallée de Tiggart où plusieurs de nos familles plantent elles aussi chaque année du mil, les pluies sont tombées trop irrégulièrement pour permettre au mil d’arriver à maturité et la récolte a été catastrophique.

Aux dernières nouvelles, c’est non seulement la partie métallique de notre pompe Vergnet qui a été volée, mais la pompe toute entière. Madou voulait s’enquérir à Niamey du prix des pièces manquantes, mais c’est l’ensemble de la pompe qu’il faudrait remplacer ! Cette pompe servait non seulement aux gens qui habitent sur notre terrain et à ceux qui étaient de passage, mais de nombreux habitants de villages voisins venaient s’y approvisionner également. Elle a souvent été réparée, aux frais de TATIT, à cause de cet usage intensif, mais il s’agissait de réparations peu coûteuses. Maintenant, c’est carrément une nouvelle pompe qu’il faudrait acheter, avec le risque qu’elle soit volée à nouveau. L'association n'est pas très motivés pour le faire.... sauf avis contraire de l’Assemblée Générale...et à condition que des donateurs se manifestent, ce qui, dans la situation actuelle, serait miraculeux !
Pour l’instant c’est une pompe à essence qui a pris le relais, tout comme dans les jardins, où les pompes solaires sont en panne depuis plusieurs années. Les pompes neuves, qui nous ont été offertes par la firme allemande LORENTZ en 2012, sont toujours en Alsace, mais la situation sécuritaire au Niger empêche nos « électriciens sans Frontières » d’aller les installer sur place.

Les familles nomades ne sont pas encore revenues de transhumances mais Madou les visite régulièrement. La malaria sévit comme d’habitude en cette saison et à chaque voyage il transporte des malades à Tahoua, où les cas bénins sont soignés dans notre maison, tandis que les plus graves sont emmenés à l’hôpital. Pour l’instant tous ont pu être ramenés à leur campement, guéris. Tous nos filleuls vont bien !

NOUVELLES DE L'ASSOCIATION

Un seul membre a souhaité nous quitter en invoquant son âge élevé et des difficultés financières. Le nombre de parrains-marraines ainsi que de filleuls parrainés est resté stable.
Nous ne pouvons que nous réjouir de cette belle fidélité, la vie devenant de plus en plus difficile pour bon nombre d’habitants de nos propres pays !

-------------

24 juin 2014

La situation au SAHEL

Aux problèmes non-résolus, comme la situation au Nord Mali et en Libye, s’ajoutent de nouveaux sujets d’inquiétude. Comme si les divers mouvements djihadistes qui viennent des frontières du Nord et de l’Ouest (AQMI, MUJAO) ne suffisaient pas, voilà que du Nigeria émerge BOKO HARAM, qui sévit le long des frontières sud du Niger.

NIGER

Des spécialistes français et américains de la lutte anti-terroriste sont en train de se déployer sur le terrain, et des bases françaises et américaines sont à présent installées au Niger, avec leurs drones !

Le pays reste formellement déconseillé aux voyageurs étrangers, qui ne peuvent sortir de la capitale qu’escortés par un convoi militaire !

Le Niger voit arriver sur son sol, en plus des Touareg fuyant le Nord Mali et des Nigériens chassés de Libye, un afflux massif de réfugiés venant de nouveaux pays : le Nord Nigeria, la Centrafrique, que fuient les musulmans, et aussi la République Démocratique du Congo, où les combats durent depuis des années dans l’indifférence totale des médias occidentaux.

Deux de nos anciens filleuls, Djamila et Mohamed, travaillent dans des centres d’accueil pour les réfugiés, financés par le Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies : Djamila est chargée de l’accueil des réfugiés du Mali qui arrivent dans la région de Tahoua, et Mohamed, qui travaille à Niamey pour l’ONG « Save the children », est responsable de l’accueil de ceux qui arrivent à Niamey. Sa tâche n’est pas facile, car ici les réfugiés viennent de pays très différents et la plupart parlent des langues inconnues au Niger. Il doit aussi faire le tri entre les « vrais » et les « faux » réfugiés, car beaucoup de Nigériens démunis voudraient eux aussi être aidés. Ce n’est pas de gaité de cœur qu’il renvoie des pères de famille dans le besoin, mais ils n'ont pas droit aux mêmes aides que les réfugiés étrangers!

TAHOUA et BAGGA

Tous nos filleuls vont bien !
Nos élèves préparent leurs examens de passage dans la classe supérieure. Nous n’avons, cette année, aucun candidat au BEPC et au baccalauréat, mais l’année prochaine nous réservera peut-être la bonne surprise d’avoir notre premier bachelier, Youssouf, suivi dans deux ans par Albacharette, Adamou et Bila.

A Bagga, la saison des pluies vient de commencer et Madou s’est aussitôt occupé de la plantation du mil sur nos champs, ainsi que des haricots et des arachides dans les jardins. La récolte des tomates, salades, carottes et autres légumes cultivés pendant la saison sèche a été bonne, par contre celle des mangues, qui devait être faite en juin, sera désastreuse. Non seulement la forte chaleur qui règne depuis début mars leur a été préjudiciable, mais, en plus, des parasites qui attaquent les racines des manguiers sévissent dans toute la région.
Les Touareg, qui, il y a peu de temps encore, ne consommaient que du mil et du riz, apprécient maintenant les légumes et les fruits. Nos récoltes suffisent juste à nourrir une partie de la tribu, il n’en reste pas assez pour la vente sur les marchés, comme nous l’avions espéré.

Nous déplorons le vol de la partie métallique de notre pompe Vergnet, qui a été démontée, une nuit, sans doute pour être vendue. Depuis, la pompe ne fonctionne plus, au grand dam des nombreuses personnes qui venaient s’y approvisionner en eau. Madou va essayer de trouver à Niamey les pièces manquantes.

Avec l’arrivée de la saison des pluies et le départ des familles nomades vers le Nord, l’école de brousse de Tiggart vient de fermer. Elle rouvrira, comme d’habitude, dès que la récolte du mil, vers mi-octobre, permettra le retour des familles sur les terrains qui leur seront alors à nouveau accessibles.

Les familles de réfugiés du Nord Mali ne veulent plus retourner dans ce pays. Elles craignent qu’une guerre entre les rebelles et le gouvernement malien ne soit imminente et ne ruine à tout jamais leurs espoirs de voir revenir la sécurité dans cette zone. Nous avons encore acheté 45 animaux (chèvres et moutons) qui ont été partagés entre trois familles, ce qui devrait leur permettre bientôt de ne plus être à la charge de la tribu.

La saison des pluies amène avec elle la malaria et les malades sont, comme chaque année, nombreux. S’y ajoutent les diarrhées dues à l’eau des puits et des mares qui est consommée en brousse. Mais, jusqu’à présent, les malades ont pu être rapidement remis sur pieds !

Et, pour terminer, une nouvelle réjouissante : maintenant qu’il bénéficie d’un salaire régulier comme gérant d’une entreprise de transport à Tahoua, notre ancien filleul Ekam vient de se marier avec une jeune fille de la tribu.

-------------

22 octobre 2013

Notre année d’exercice 2012/2013 va bientôt s’achever et, une fois n’est pas coutume, nous pouvons d’ors et déjà faire l’heureux constat que des catastrophes majeures nous ont été épargnées. Mais tout n’est pas rose pour autant….

La situation au SAHEL

Le Mali a élu un nouveau président. Invité à Bamako pour son investiture, François Hollande s’est félicité du succès de l’opération Serval. Mais les problèmes sur place sont loin d’être réglés ! L’accalmie due aux préparatifs des élections et à la prise de pouvoir du nouveau président, élu par une forte majorité de Maliens, n’a guère duré. Sitôt en place, le nouveau dirigeant du pays s’est dit fermement opposé à toute revendication d’autonomie pour le Nord du pays. Déçus, les mouvements indépendantistes projettent des nouveaux affrontements. Les islamistes font eux aussi leur réapparition, les attentats terroristes recommencent, et cette vaste région semi-désertique voit arriver à nouveau une insécurité dont la fin est difficilement prévisible. Il est fort à craindre que l’opération Serval ne soit pas au bout de ses efforts….

NIGER

Plusieurs attaques terroristes ont ébranlé le Niger depuis le printemps. Après les attentats-suicide d’Agadez et d’Arlit, c’est la prison de Niamey qui a été attaquée le premier juin par des terroristes de Boko Haram venus du Nigéria, faisant des morts et des blessés. Puis, le 11 juin, ce fut au tour de la gendarmerie nationale de Niamey d’être la cible de terroristes, mais les assaillants ont pu être repoussés sans effusion de sang.

Début septembre Niamey a connu quelques jours d’émeutes pendant lesquels deux ressortissants français ont été pris en otage, mais rapidement relâchés. Les riverains du quartier des ambassades (dont l’ambassade de France), une zone hautement sécurisée par les forces de l’ordre, protestaient ainsi contre les nombreuses entraves à leur liberté de circuler que cette sécurisation leur imposait.

Le calme est revenu depuis dans les rues de Niamey, mais en raison de la dégradation de la situation sécuritaire au Mali et dans toute la région, la menace terroriste pesant sur le Niger s’est intensifiée. Des mouvements terroristes présents au Mali - notamment Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) et le Mouvement pour l’Unicité du Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO)- ainsi qu’au Nigéria -secte Boko Haram- sont susceptibles de conduire des opérations au Niger.

Le pays est donc malheureusement toujours encore formellement déconseillé aux voyageurs, ce qui empêche les membres des ONGs étrangères de se rendre sur le terrain.

La saison des pluies est à présent terminée et les récoltes sont en cours. Les pluies ont été abondantes dans une grande partie du pays, provoquant des nombreuses inondations. Si aucune invasion de parasites ne survient au dernier moment, les récoltes de l’hivernage 2013 seront bonnes dans la plupart des régions, mais dans quelques zones touchées par les inondations les cultures ont été réduites à néant.

TAHOUA et les écoliers

Suite à leur succès au B.E.P.C., Albacharette, Adamou et Bila, continuent à présent leurs études en classe de seconde au lycée !
Youssouf, en classe de première à Niamey, sera notre premier candidat au baccalauréat en 2015, puisqu’Assa avait arrêté ses études à ce stade pour suivre une formation d’instituteur.

Les autres écoliers, qui fréquentent encore l’école primaire, ont tous réussi leurs examens de passage dans la classe supérieure.
Moustapha entame sa dernière année d’études au Nigéria dans la famille de son père. Il avait commencé par choisir une formation d’infirmier, mais s’est ravisé par la suite pour finalement étudier la mécanique et l’électricité.

BAGGA

La récolte des haricots et des arachides, très bonne cette année, vient de se terminer dans les jardins. Celle du mil est en cours. Le rendement des champs de mil avait baissé ces dernières années et un tracteur a été loué ce printemps pour les labourer en profondeur avant les nouvelles plantations, un investissement qui a porté ses fruits !

Les campements de brousse

Plusieurs hospitalisations d’adultes atteints de formes graves de la malaria, qui a sévi comme d’habitude pendant la saison des pluies, ont été nécessaires. Aux dernières nouvelles, les malades sont retournés guéris dans leurs campements. Quant à nos filleuls, ils se portent tous bien.

L'école de brousse va reprendre du service début novembre, dès que toutes les familles revenues des transhumances se seront à nouveau installées pour la saison sèche à Tiggart.

Un manque de pluie a freiné la bonne maturation du mil dans la vallée de Tiggart, où les nomades s’occupent à tour de rôle des champs pendant la saison d’hivernage. Contrairement à Bagga, la récolte s’y annonce médiocre.

Les réfugiés du Mali n’ont pas l’intention de repartir car la situation dans ce pays demeure trop incertaine. Ils sont intégrés dans les campements dont ils partagent à présent la vie. Des animaux, chèvres, moutons et ânes, ont été achetés pour eux afin qu’ils puissent rapidement devenir autonomes.

-------------

13 juillet 2013

Une bonne nouvelle : nos trois candidats au BEPC, Adamou, Albacharette et Bila, ont tous les trois réussi leur examen. La joie est grande à Tahoua ! Ils continueront leurs études au lycée à partir de la rentrée prochaine.

La pluie tombe à Bagga et le mil pousse bien. Par contre la récolte des mangues a été mauvaise en juin, car les manguiers sont atteints d'une maladie qui décime leurs racines.
Les familles nomades sont à présent presque toutes parties en transhumances vers le Nord, et celles qui sont encore présentes s'apprêtent à le faire. 12 ânes ont été achetés pour permettre à celles qui n'en possédaient pas d'emmener avec elles leurs tentes et autres affaires.

-------------

1 juin 2013

La situation est loin d’être réglée au Nord Mali, où l’armée malienne reste indésirable par peur de représailles, la population étant échaudée par les exactions commises dans le passé. On ne sait toujours pas comment vont s’y passer les élections présidentielles prévues pour juillet.
Des règlements de compte ont eu lieu entre des Touareg et des Arabes, et on craint que des « appels à renfort » au-delà des frontières ne dégénèrent en une nouvelle source de conflit.
Chassés du Mali, les islamistes et trafiquants en tous genres s’infiltrent à présent dans les pays limitrophes, dont le Niger, et on redoute qu’ils n’aient l’intention d’y « délocaliser » leurs activités.

NIGER

Malheureusement l’infiltration des groupes terroristes chassés du Mali semble être déjà en marche au Niger : Deux attentats suicide ont eu lieu le 23 mai, l’un dans une caserne militaire à Agadez, l’autre sur le site des mines d’uranium d’AREVA à Arlit. Ils ont fait 24 morts et des nombreux blessés, tous Nigériens. Ce sont les premiers dans ce pays, où la population est désormais très inquiète. Ils ont été revendiqués par le MUJAO ( groupe islamiste qui entend faire régner l’islam et la charia dans toute l’Afrique de l’Ouest) en représailles à l’intervention des armées françaises et nigériennes au Mali.

La saison des pluies vient de commencer et les travaux des champs constituent à présent la priorité de beaucoup de Nigériens. Il faut espérer qu’elle soit une trêve bienfaisante dans cette période trouble, et qu’elle favorise l’essor d’une nouvelle volonté de paix face à une situation qui risque à tout moment d’empoisonner les esprits.

La présidente, Danielle Kronenberger-Elhadji, a séjourné au Niger du 20 mars au 18 avril (voir : « dernière Lettre de la présidente »), mais, pour la troisième année consécutive, les consignes de sécurité l’ont empêchée de quitter Niamey pour se rendre à Tahoua et Bagga (le Niger reste déconseillé aux voyageurs occidentaux). Elle a respecté ces consignes et tout s’est bien passé. Les seuls « blancs » qu’elle a croisés dans les rues de Niamey étaient en fait des… « jaunes ». En effet les Chinois sont à présent nombreux au Niger et apparemment ils ne craignent pas, eux, d’être pris en otage !
On croise à Niamey beaucoup de réfugiés qui ont fui le Mali. Pour acheter de quoi vivre ici, certains essayent de vendre à un prix dérisoire la voiture avec laquelle ils sont venus, et qui est tout ce qui leur reste.

TAHOUA

Non seulement le courant électrique est souvent coupé dans toute la ville, mais l’eau du robinet y coule également avec parcimonie. Les gens font des réserves dans des bidons. On peut se demander ce qu’est devenu le forage offert par la France lors de la visite officielle du président Chirac en 2003 ? Apparemment il ne fonctionne plus…

Les enseignants des écoles privées de Tahoua ont fait pendant plusieurs semaines une grève très suivie. Un élève a giflé le directeur de l’une de ces écoles et ce sont les enseignants de toutes les écoles qui ont manifesté leur mécontentement face à la montée des incivilités. Ils constatent le déclin de l’autorité des parents sur leurs enfants et un net relâchement de la discipline dans les établissements scolaires. Cette situation, que nous connaissons malheureusement depuis un certain temps dans nos pays occidentaux, est nouvelle ici où jusqu’à présent l’autorité des aînés, surtout celle des parents et des enseignants, était très respectée. Les jeunes Touareg sont très minoritaires dans les classes. Pour eux compte encore la politesse d’antan, non seulement dans les campements de brousse, mais également dans les villes dont ils fréquentent les écoles.

Pendant la grève nos trois candidats au BEPC, Albacharette, Adamou et Bila, ont révisé leurs cours à la maison, et ils espèrent à présent que cette grève ne va pas avoir des répercussions négatives sur le bon déroulement de leur examen prévu pour juin.
Les autres écoliers se préparent à passer les tests d’évaluation pour leur passage dans la classe supérieure.

BAGGA

Un grand forage avait été construit il y a quelques années près de Bagga avec des fonds de l’Union Européenne. Il devait fournir de l’eau potable aux différents villages de cette région, mais il est le plus souvent en panne. Aussi les habitants de ces villages viennent-ils en masse, avec leurs chariots et leurs ânes, s’approvisionner en eau à notre pompe Vergnet. Cette pompe n’avait pas été prévue pour un usage aussi intensif et son bon fonctionnement en pâtit, aussi des fréquentes réparations sont-elles nécessaires. Nous avons décidé de ne plus systématiquement la réparer très rapidement, afin d’inciter les gens des villages à faire leurs provisions d’eau ailleurs qu’à cet endroit initialement prévu pour une population locale beaucoup moins nombreuse.

Aussitôt après les premières pluies, des haricots et des arachides ont été plantés dans le jardin . Quant aux champs de mil de Bagga et Tiggart, ils ont d’abord été labourés en profondeur car l’accumulation des déjections produites par les chèvres, moutons et chameaux qui passent la saison sèche à cet endroit, a fini par former une croute compacte qui asphyxiait la terre. La location d’un tracteur a été nécessaire. A présent le mil est planté…dans l’espoir que la pluie restera fidèle au rendez-vous !

A défaut d’avoir pu les voir, Danielle a néanmoins eu des nouvelles détaillées des familles dans les campements de brousse et de nos filleuls grâce aux visiteurs venus la saluer à Niamey. Tout le monde va bien ! Madou a même pu ramener des photos. Cliquer Malheureusement certains filleuls manquent dans cette galerie, mais que leurs parrains/marraines se rassurent : ils sont en bonne santé.

A Tiggart la paillote qui abrite notre école de brousse sera bientôt démontée car, avec l’arrivée des pluies, les familles vont partir en transhumance vers le Nord et les écoliers seront en vacances, du moins en ce qui concerne les cours !

En novembre dernier un père de famille, Saraïdou, avait été victime d'un grave accident de chameau. Il a, depuis, retrouvé une mobilité normale. L’adolescent qui avait, en décembre, été grièvement blessé à la tête, est à présent, lui aussi, guéri.

Avec l’arrivée de la saison des pluies, il est à craindre que les moustiques porteurs de malaria ne fassent, comme chaque année, de nombreuses victimes.

-------------

6 mars 2013

Beaucoup d'évènements importants se sont produits au Mali depuis la dernière mise à jour de notre site : intervention de l'armée française pour libérer les villes du Nord Mali du joug des islamistes, et, actuellement, combats dans l'Adrar des Ifoghas pour tenter de les anéantir et libérer nos otages.
Les médias en ont abondamment parlé, et même si aujourd'hui ces combats occupent moins les premières pages de la presse écrite et des journaux télévisés, ce qui se passe au Mali a des répercussions graves non seulement sur tout l'espace sahélien, mais également sur les pays limitrophes.

NIGER

Le président du Niger a été l'un des premiers chefs d'Etat de l'Afrique de l'Ouest qui a approuvé et soutenu l'intervention française au Mali, et envoyé des troupes nigériennes en renfort. Cependant, la tournure actuelle des évènements ne rencontre plus autant son adhésion en ce qui concerne l'action de la France dans l'Adrar des Ifoghas. En effet, il voit d'un mauvais oeil l'alliance des Français avec les Touareg du MNLA (Mouvement National de Libération de l'Azawad), le mouvement rebelle laïque qui avaient déclaré l'indépendance de l'Azawad il y a un an, mais qui est revenu depuis sur cette revendication. Par leur connaissance du terrain ces Touareg originaires du Nord Mali sont des alliés précieux pour la France dans l'Adrar des Ifoghas, mais aux yeux du président nigérien et d'une partie de la population du Niger, ils ne sont que des vulgaires bandits armés. En fait au Niger on craint surtout une extension des revendications touarègues pour l'autonomie du Nord Mali vers le Nord du Niger, peuplé également de Touareg qui ont pris les armes à plusieurs reprises ces dernières décennies pour ce même motif.
Cette situation engendre malheureusement des tensions entre les différentes ethnies présentes au Niger comme au Mali, tensions dont la grande majorité des Touareg, qui souhaite vivre en paix loin des aléas de la politique, risque d'être victime.

TAHOUA, BAGGA et les campements

A TAHOUA tous nos écoliers se préparent pour les examens de fin d'année scolaire. Mais, alors que pour la plupart d'entre eux il s'agit uniquement d'avoir une moyenne qui leur permettra de monter dans la classe supérieure, les choses prennent une tournure plus sérieuse pour Bila, Adamou et Albacharette, qui se présentent au B.E.P.C.

Jamila, Ekam et Mohamed sont à présent indépendants car ils ont été embauchés par les entreprises dans lesquelles ils effectuaient leurs stages. Ils sont très reconnaissants à leurs parrains et marraines de leur avoir permis d'effectuer leur parcours scolaire couronné de succès. Leur parrainage s'arrête à ce stade, mais les parrains et marraines ont accepté de parrainer à présent d'autres filleuls.

A BAGGA des pommes de terre, des tomates, des laitues et des haricots ont été plantés dans le jardin potager. Les jardins sont à nouveau irrigués par une pompe à moteur, le remplacement des deux pompes solaires, hors d'usage, ne pouvant pas encore être envisagé.

L'école de brousse, déplacée à Tiggart, fonctionne avec une vingtaine d'élèves qui se relaient pour assister aux cours par demi-journée, l'autre demi-journée étant consacrée à la garde des animaux, chèvres, moutons et chameaux.

Plusieurs familles qui vivaient au Nord Mali et qui ont fui les combats, sont prises en charge dans les campements.
Une femme est arrivée avec ses quatre enfants d'un camp de réfugiés qui se trouve à la frontière nigéro-malienne. Le père de famille a été enlevé par des islamistes, personne ne sait ce qu'il est devenu. Cette femme a témoigné de la difficile situation des gens en brousse, dont personne ne parle. Les enfants sont fortement traumatisés par les atrocités dont ils ont été les témoins. L'ainé des enfants, un adolescent, ne s'en est pas remis et est mort deux jours après la prise en charge de la famille à Tiggart.

Alors que nous arrivent des réfugiés du Mali, des nombreux Touareg qui étaient partis chercher du travail en Libye reviennent eux aussi au pays. Avant la guerre qui a causé la chute de Kadhafi, ils arrivaient à vivre décemment en Libye, et même à envoyer de l'argent à leurs familles , mais ils dénoncent à présent des conditions de travail et de vie fortement dégradées, la hausse de tous les prix et également la hausse du racisme envers les Touareg, accusés d'avoir soutenu Kadhafi et profité de ses faveurs.

Le 17 janvier nous est parvenue la triste nouvelle de la mort, à Tiggart, d'Abdous, le plus vieux membre de la tribu. On ne connaissait pas son âge exact, mais on assurait qu'il avait plus que cent ans, ce qui est n'est certainement pas loin de la vérité. Avec Abdous disparait un témoin précieux, irremplaçable, de l'histoire de la tribu.

-------------

2013 : les voeux de TATIT (cliquer sur le lien)

-------------

21 décembre 2012

Après un nouveau renversement du gouvernement par la junte militaire, la situation politique est toujours encore très dégradée au Mali. Le Nord continue d'être sous le joug des groupes islamistes radicaux, dont le MNLA, mouvement touareg laïque, a nettement pris ses distances. L'ONU vient de donner son accord pour une intervention militaire si le conflit ne peut pas être réglé pacifiquement. Néanmoins, quelle que soit l'issue de ce conflit, il risque de laisser des plaies profondes et d'attiser encore plus les ressentiments entre les populations du Nord et celles du Sud. Des nombreux réfugiés ont traversé les frontières et au Niger également on a vu arriver des familles totalement démunies qu'il faut aider à survivre.

Pour lutter contre la contrebande et l'immigration illégale, la Libye vient de fermer ses frontières au sud, donc également vers le Niger. Cette fermeture a des conséquences graves au Niger, où une partie de la population pouvait profiter des prix très bas des marchandises acheminées de Libye. Elle rend également beaucoup plus dangereuse l'immigration clandestine des "sans papiers" qui espèrent trouver du travail dans ce pays en pleine reconstruction. Obligés de passer en plein désert pour échapper aux contrôles douaniers, ils risquent d'y mourir encore plus nombreux de soif et de faim.

TAHOUA

Nos élèves ont repris les cours fin septembre. Youssouf continue ses études dans un lycée à Niamey. D'après nos informations, ses professeurs sont très satisfaits de son travail.

BAGGA et les campements

Notre petite école de brousse accueille à nouveau ses élèves depuis novembre à Tiggart. Les familles nomades préfèrent à présent s'installer là-bas pendant la saison sèche car elles y trouvent des meilleurs pâturages qu'à Bagga.
En novembre un père de famille, Saraïdou, a été victime d'un grave accident de chameau. Transporté à Tahoua dans le coma, ses multiples contusions ont pu être soignées et il est retourné chez lui guéri. En décembre on nous a signalé un autre accident dont un adolescent est la victime. Blessé à la tête il est en voie de guérison.
Grâce au téléphone portable, la présidente peut s'enquérir régulièrement de la santé de nos filleuls de brousse et de leurs familles. Aux dernières nouvelles ils sont tous en bonne santé.

Comme chaque année en cette saison, le retour des éleveurs nomades et de leurs animaux des zones de transhumances provoque des conflits avec les agriculteurs sédentaires. Si un animal est trouvé dans un jardin ou un champ, l'affaire est portée devant le Tribunal et Madou (le mari de la présidente), qui intervient en sa qualité de chef de la tribu des nomades, a fort à faire pour obtenir que soient revues à la baisse les sommes que les agriculteurs demandent à titre de dédommagement.

L'association

Au décompte de la dernière assemblée générale, qui a eu lieu le 17 novembre à Saint-Louis (F-68300), TATIT compte 83 membres actifs, en France, en Suisse, en Allemagne et en Autriche. 38 parrains et marraines, en France, en Suisse, en Allemagne et en Autriche, soutiennent nos écoliers de Tahoua et les filleuls de brousse auxquels leur soutien permet d'acheter des animaux en vue de leur constituer un cheptel.

-------------

(cliquer) "Dernière lettre de la présidente/octobre 2012

-------------

11 septembre 2012

La situation au Mali est toujours encore très tendue et pour l’instant aucun dénouement pacifique n’est en vue.
Au Niger, pays voisin directement concerné par cette crise, les gens vivent dans l’angoisse d’une intervention armée qui entrainerait leur pays dans un conflit militaire dont ils préfèreraient se passer.

La saison des pluies, qui avait très mal débuté, s’achève heureusement sous des meilleurs auspices.
Après la sécheresse ce sont des pluies torrentielles qui se sont abattues sur le pays, provoquant par endroits des graves inondations. Cependant les champs de mil promettent une bonne récolte dans peu de semaines, et l’herbe a bien poussé au Nord, permettant aux animaux des éleveurs partis en transhumances de s’alimenter correctement.
Malheureusement cette humidité aide à la prolifération des moustiques et nous déplorons des nombreux cas de malaria aussi bien en ville que dans les campements.
Apparemment les vecteurs de cette maladie deviennent de plus en plus résistants aux traitements habituels, de sorte que plusieurs hospitalisations ont été nécessaires pour sauver in extremis des malades très mal en point.
Presque tous ont pu être sauvés, mais deux adolescents sont morts sur place avant d’avoir pu être emmenés à l’hôpital de Tahoua.
Nous avons également eu deux cas de diphtérie: Une jeune fille, Leila, a été soignée à Tahoua et un adulte, Hamada, transporté à Niamey. Tous les deux ont été pris en charge pratiquement mourants, et la joie a été grande dans leurs campements de les voir revenir vivants et guéris.

TAHOUA

La rentrée scolaire approche, elle doit avoir lieu le 17 septembre.
Nous avons dix pensionnaires qui se préparent à reprendre les cours : Youssouf, qui a réussi son BEPC, va poursuivre sa scolarité dans un lycée à Niamey. Bila, qui l’a raté, redouble sa troisième, où il est rejoint par Albacharette et Adamou. Trois de nos élèves, dont une jeune fille, seront donc candidats au BEPC en 2013.
Bassirou, un jeune Haoussa que nous soutenons depuis plusieurs années parce qu’il est un bon élève et que ses parents n’ont pas les moyens de financer ses études, a réussi le BEPC et entame sa rentrée 2012 comme lycéen.
Quatre filles, Zeinabou, Leila, Mariama et Fatima, ainsi que Sofian, l’unique garçon dans ce groupe d’âge, poursuivent leur scolarité à l’école primaire.
Nos trois aînés, Djamila à Tahoua, ainsi que Mohamed et Ekam à Niamey, sauront à la fin de l'année s'ils sont embauchés définitivement par leurs employeurs actuels respectifs.

La rentrée scolaire nous revient de plus en plus cher car tous les prix ont beaucoup augmenté au Niger…. comme ailleurs ! Tous nos élèves fréquentent des écoles privées payantes, car les professeurs y sont régulièrement et correctement rémunérés, ce qui n’est pas le cas des écoles publiques où les élèves sont pénalisés par les grèves à répétitions.

BAGGA

Tous nos filleuls vont bien. Les familles nomades sont encore en transhumances au Nord et l’école de brousse, arrêtée depuis leur départ, reprendra ses cours d’alphabétisation dès leur retour, à la fin des récoltes.

La firme allemande LORENTZ Gmbh& Co (D 24558 Henstedt-Ulzburg), qui nous avait fourni les pompes solaires installées dans les jardins par les « électriciens sans frontières » (voir juin 2008) et qui sont malheureusement hors d’usage, nous offre deux pompes neuves.

Un grand MERCI à LORENTZ pour ce beau geste !

Malheureusement nous ne savons pas quand elles pourront être installées, la situation sécuritaire au Niger ne permettant pas à des expatriés de se rendre à Bagga pour le moment.

-------------

voir "Dernière lettre de la présidente/mars-avril 2012

-------------

01 mars 2012

Focalisés sur la Syrie, nos médias rendent très peu compte de la situation dramatique qui règne au Mali, où la guerre civile a fait fuir dans les pays voisins, dont le Niger, plus de 100 000 personnes jusqu’à ce jour. L’armée malienne, le mouvement indépendantiste touareg MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad) et l’organisation terroriste AQMI (AlQuaïda du Maghreb Islamique) se renvoient mutuellement la responsabilité pour les exactions commises. Dans tout le pays, même dans la capitale Bamako, les « peaux claires », dont la plupart des Touareg font partie, subissent des représailles de la part de la population noire excédée par ces rebellions à répétitions au Nord du pays.

Au Niger, où les antagonismes entre le Nord et le Sud sont analogues, une nouvelle rébellion a pu jusqu’à présent être évitée. Mais, dans ce pays comme au Mali, circulent des armes de guerre modernes et sophistiquées ramenées de Libye par des ex-combattants qui ont appris là-bas à en maitrisent parfaitement le maniement.

Voyage de la présidente de TATIT au Niger

Danielle, la présidente de TATIT, a longtemps hésité avant de prendre un billet d’avion pour le Niger cette année, la situation s’étant, hélas, encore d’avantage dégradée en ce qui concerne la sécurité des étrangers. Non seulement AQMI, dont la base opérationnelle au Mali est à la frontière nord-ouest du Niger, maintient ses menaces de prendre des occidentaux en otages (alors que 4 Français enlevés au Niger en 2010 sont toujours détenus), mais maintenant des nouvelles menaces viennent de la frontière sud, celle avec le Nigeria, émanant d'un nouveau groupe terroriste de l'islamisme radical, BOKO HARAM.
La région de Tahoua/Bagga, à une centaine de kilomètres du Mali au Nord-ouest et du Nigeria au sud, est toujours fortement déconseillée aux voyageurs occidentaux. Danielle n’aura donc pas l’imprudence de s’y rendre, malgré sa déception et sa tristesse de devoir passer une année de plus sans voir nos familles touarègues et nos filleuls. Mais parfois la raison doit primer sur les élans du cœur, aussi forts soient-ils…
Elle passera donc, comme en 2011, tout son séjour (18 mars – 17 avril) dans son « pied à terre » de Niamey, mais au moins elle sera sur place, ce qui lui permettra d’avoir une vision différente des problèmes que celle que donnent ici nos médias. Elle n’y habitera pas seule, car Mohamed et Ekam, nos deux étudiants en informatique, effectuent des stages dans différentes entreprises de la capitale et y logent eux aussi. Et elle espère bien pouvoir recevoir quelques visites de Tahoua et Bagga…mais le voyage est long (550 kms) et onéreux pour des bourses nigériennes.

Nouvelles de nos familles nomades

Maintenant que la paix…ou du moins quelque chose qui tente de lui ressembler…est revenue en Libye, les réfugiés nigériens veulent retourner dans ce pays où ils ont, par le passé, toujours réussi à vivre correctement.
Plusieurs familles sont parties « en éclaireur » et les nouvelles qu’elles donnent sont rassurantes. Il n’y a pas eu de représailles, ni de problèmes pour retrouver du travail et un logement.
Suite à ce constat positif, d’autres familles ont suivi et nous allons aider toutes celles qui veulent repartir mais n’en ont pas les moyens, à payer les frais de transport. Cette dépense ne manquera pas d’avoir une incidence positive sur notre budget, car nous aurons moins de gens à nourrir et à soigner pendant les périodes difficiles…et justement le Niger est en train de subir une nouvelle et désastreuse famine.

BAGGA : Comme l'herbe pour les animaux se fait rare, nos familles ont déménagé pour s'installer à Tiggart, à une trentaine de kilomètres plus au nord. Notre petite école de brousse les a suivies, et c’est une trentaine de petits et grands élèves qui y assiste tous les jours aux cours d’alphabétisation.

Les jardins : Les cultures de contre-saison ont été mises en route. Oignons, carottes, laitues et tomates poussent à coté des manguiers. En attendant que nos pompes solaires puissent être réparées, ce qui n’est malheureusement pas encore prévisible, l’irrigation se fait à nouveau avec des pompes à essence (l'essence est chère!) et nos bons vieux entonnoirs.

Conditions de vie : En ce moment la majorité des Nigériens consacre toutes ses ressources financières à l’achat de nourriture de première nécessité (riz, mil..etc), de plus en plus chère. Le bétail ne trouvant plus de preneurs sur les marchés locaux, le prix des animaux est en chute libre. Beaucoup d’éleveurs partaient vendre leurs animaux au Nigeria où ils en tiraient un meilleur prix, mais à présent la frontière est fermée et étroitement surveillée à cause des risques d’infiltration de BOKO HARAM (terrorisme radical islamiste), et les animaux sont bradés au Niger à des prix très bas. Les éleveurs ont donc de plus en plus de peine à se nourrir.
Nous avons profité de la chute du prix de vente des animaux pour acheter 68 chèvres et 18 moutons qui ont été distribués aux familles de nos filleuls.

TAHOUA

Tous nos élèves sont en bonne santé et continuent leurs études avec assiduité. Djamila a décroché un emploi en CDD dans une petite entreprise locale, dont elle a pris en charge la gestion.
Par contre Madou ( le mari de la présidente et le chef de la tribu) fait la navette pour chercher dans les campements nomades des nombreux malades qui sont ensuite soignés dans notre maison, certains dès leur arrivée, les plus gravement atteints à leur sortie de l’hôpital. Ils souffrent d’infections diverses avec forte fièvre, vomissements, diarrhée, sans doute dues à la malnutrition et à la mauvaise qualité de l’eau qu’ils consomment en brousse. S’y ajoute la malaria, toujours présente dans le diagnostic.

-------------

2012 : les voeux de TATIT (cliquer sur le lien)

-------------

19 décembre 2011

La situation alimentaire est dramatique dans la plupart des régions du Niger et une nouvelle famine est à craindre.

A Bagga toutes les familles nomades sont à présent revenues et les cours ont recommencé dans notre petite école.

La guerre étant terminée en Libye, plusieurs familles qui avaient fui les hostilités sont retournées dans ce pays en espérant y retrouver du travail. Les premières nouvelles sont encourageantes, et si l'absence de représailles se confirme, d'autres familles ont l'intention de les suivre bientôt, mais la plupart des réfugiés préfèrent encore être prudents et différer leur retour jusqu'à ce qu'ils soient sûrs que la situation sur place leur permettra vraiment de travailler et vivre correctement.

A Tahoua la santé de notre collégienne Albacharette nous a causé beaucoup d'inquiétude : elle a dû être hospitalisée avec une fièvre élevée et des douleurs intenses dans tout le corps. Les analyses ont révélé qu'elle souffrait de la malaria et d'infections diverses. A présent guérie, elle a pu retourner au collège.

5 octobre 2011

La saison des pluies, qui s’était bien déroulée jusqu’en août, s’est malheureusement très mal terminée.
Les dernières pluies, indispensables pour le murissement final du mil, se sont fait trop longtemps attendre, et lorsqu’elles sont enfin arrivées il était trop tard. De plus, en tombant sur un sol sec et surchauffé, elles ont anéanti toutes les cultures en les ébouillantant. Une invasion de chenilles et de criquets, que personne n’avait vu venir, a achevé ce tableau de désolation.

Comme la plupart des pays du Sahel et une grande partie du Niger, la région de Bagga est elle aussi touchée par ce désastre.
UNE NOUVELLE CATASTROPHE HUMANITAIRE EST EN MARCHE et elle est amplifiée par le retour au pays de nombreux Nigériens qui fuient la guerre en Libye. Le président de la République, Mahamadou Issoufou, vient d’en informer l’ONU à New-York, et Nicolas Sarkosy à Paris et de lancer un appel urgent à l’aide internationale... un appel qui n'a, dans nos médias occidentaux, trouvé jusqu'à présent aucun écho !

Une fois de plus le malheur s’abat sur le Niger et nos familles touarègues sont elles aussi directement concernées, car non seulement elles vont peiner à se nourrir elles-mêmes, mais en plus il leur faudra subvenir également aux besoins des 150 familles revenues totalement démunies de Libye.

Nous serons reconnaissants pour chaque don qui sera versé pour les aider tout simplement à survivre !

TAHOUA : La rentrée scolaire a eu lieu début octobre et tous nos écoliers ont repris vaillamment le chemin de l’école.
Zeinabou, Mariama, Sofian et Leila sont au CE2, Adamou et Albacharette sont en 4ième, Youssouf et Bila en 3ième, et nos aînés Mohamed, Ekam et Djamila continuent leurs études à l’institut de gestion et d’informatique.

BAGGA : les familles nomades ne sont pas encore revenues du Nord et pour l’instant les cours d’alphabétisation n’ont pas encore repris.

Malheureusement les deux pompes solaires du jardin sont en panne et il a été impossible jusqu’à présent de les remettre en marche malgré les conseils à distance de nos deux « électriciens sans frontières ». Plusieurs tentatives d’électriciens locaux n’ont pas non plus été couronnées de succès, et comme plus aucun expatrié ne peut se rendre dans cette région, Madou continue de chercher sur place la « perle rare » qui pourra nous sauver.
Par contre la pompe Vergnet continue de bien fonctionner.

2 septembre 2011

Après des mois de juillet et août relativement calmes, nous déplorons à nouveau une victime parmi les réfugiés venus de Libye,et pris en charge par nos familles qui nomadisent au nord de Tahoua. Une fillette de cinq ans, atteinte de diphtérie, n'a pas pu être sauvée à l'hôpital de Tahoua où elle est décédée. Par contre plusieurs adultes sévèrement atteints de maladies diverses, surtout malaria et fièvre thyphoïde, ont quitté l'hôpital guéris.
Madou (Mohamadou Elhadji) les a ramenés dans les campements du Nord. Il pense que c'est l'eau des puits et mares de la région qui est à l'origine des maladies qui frappent les nomades. Le mauvais état de santé des réfugiés aggrave malheureusement leur vulnérabilité.

La saison des pluies est satisfaisante cette année, autant à Bagga où le mil et les cultures saisonnières poussent bien, qu'au Nord où les pâturages fournissent suffisamment d'herbe aux troupeaux.

Les écoliers sont encore en vacances.
A Tahoua les cours reprendront début octobre. Youssouf, qui n'a pas eu son BEPC, sera le seul de nos écoliers qui devra refaire sa classe.
Nos trois étudiants en gestion et informatique, qui ont obtenu leur brevet d'études de base, reprendront eux aussi les cours pour tenter de décrocher un diplôme supérieur qui augmentera leurs chances de trouver un emploi.

A Bagga les cours d'alphabétisation ne reprendront pas avant novembre, quand le mil sera coupé et que les champs de la vallée seront de nouveau disponibles pour l'installation des campements nomades.

27 juin 2011

Après le décès d'une jeune fille, la troisième victime de la méningite dans nos campements nomades, l'épidémie semble enrayée.
Plus de 350 jeunes ont été vaccinés en mai, dont de nombreux enfants de familles qui ont fui la guerre en Libye. Coût de l'opération : 3000 € qui creusent un fameux "trou" dans notre budget, mais nous estimons que la vie des enfants n'a pas de prix....
Il a fallu aussi payer les frais d'hospitalisation pour 5 jeunes qui ont heureusement pû être sauvés !

A présent que la saison des pluies a commencé, toutes les familles nomades sont parties vers le Nord. Les agriculteurs ont récupéré les champs qu'ils mettent à leur disposition pendant la saison sèche afin d'y semer le mil.
Les 150 familles venues de Libye (voir article) ont dû quitter elles aussi la région de Bagga. Elles ont rejoint les autres familles qui vont les prendre en charge malgré le peu de moyens dont elles mêmes disposent.
Merci à tous les membres et amis qui ont envoyé des dons. Ils nous permettent de soulager un peu cette misère, mais les besoins sont importants et nous ne voyons pas le bout du tunnel !

BAGGA
Avec le départ des familles nomades, les cours d'alphabétisation se sont arrêtés et notre instituteur prend des vacances bien méritées. Le bilan de cette première saison est très positif et les cours reprendront vers novembre, quand les enfants seront de retour.

Les cultures de la saison des pluies (mil, haricots, arachides) ont été mises en route.

Un grand forage a été construit dans le village de Bagga (à 5 kilomètres de notre propriété) il y a un peu plus d'un an, avec des fonds de l'Union Européenne. Il devait alimenter en eau potable tous les villages de la région. Cette perspective nous permettait d'espérer que le nombre des utilisateurs de notre pompe Vergnet allait nettement diminuer pour se limiter aux seuls habitants de notre propriété, c'est-à dire aux familles nomades de passage. Nous avions donc remis à plus tard la réparation de cette pompe, mise à mal par une utilisation fréquente. Hélas le beau forage n'a pas fonctionné longtemps et sitôt notre pompe réparée, tous les villageois sont à nouveau venus se servir chez nous !

TAHOUA
Tous nos écoliers ont réussi leur examen de passage vers la classe supérieure.
Youssouf vient de terminer les épreuves du BEPC mais n'a pas encore les résultats.
Nos trois étudiants en informatique et gestion ont décroché leur brevet professionnel. Ils vont profiter de leurs vacances pour rejoindre leurs familles en brousse, mais aussi pour réfléchir, avant la prochaine rentrée scolaire, à l'orientation qu'ils souhaitent donner à leur avenir.

Peu d'enfants resteront à Tahoua pendant les congés scolaires. Ils se réjouissent tous de partager la vie de leurs parents et de tous les autres membres de la tribu. Adamou veut s'occuper activement des animaux de son grand père. Même s'il aime beaucoup faire cela, il y a des fortes chances pour qu'il apprécie encore d'avantage la rentrée scolaire après ces quelques semaines au contact des dures réalités de la vie en brousse.

-------------

17 mai 2011

La situation est devenue tragique à Tahoua, dont le gouverneur a lancé un appel à l'aide. (voir article)
Madou nous signale une véritable psychose face à la recrudescence des attaques et des vols dont les habitants font l'objet, et qui sont imputés aux nombreux réfugiés qui arrivent affamés et sans moyens.

On constate également une augmentation des cas de méningite, un fléau qui sévit habituellement pendant la saison sèche et chaude. Mais cette année elle semble faire encore plus de victimes, et les gens attribuent cette hausse au fait que des nombreux réfugiés, affaiblis, en sont atteints. Or, il s'agit d'une maladie très contagieuse.
Malheureusement cette situation concerne également nos tribus nomades, qui doivent faire face elles aussi au retour de nombreuses familles de Libye.
C'est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de deux jeunes, dont un filleul de TATIT, Ghali Mohamed, agé d'une vingtaine d'années. Son père perd avec lui son fils unique. Sa soeur se trouve encore entre la vie et la mort dans une clinique où Madou l'a transportée aussitôt qu'il a été informé de la situation.
Nous envisageons à présent de faire vacciner le plus rapidement possible tous les enfants.

Nous avons plus que jamais besoin d'aide face à cette nouvelle catastrophe. Nous serons reconnaissants pour chaque don, même le plus modeste !

------------------------------------------------------------------------

28 avril 2011

voir "Dernière lettre de la présidente/mars -avril 2011

25 février 2011

Les résultats du premier tour des élections n’ayant pas permis la mise en place du nouveau gouvernement démocratiquement élu, un second tour aura lieu mi-mars.

A Bagga, notre nouvel instituteur a repris les cours d’alphabétisation dans notre petite paillote école, du moins jusqu’à l’approche du second tour des élections, où il sera de nouveau sur la liste des « réquisitionnés » pour les travaux de comptage et d’écriture. Une moyenne de quinze enfants assiste aux cours, souvent d’avantage, rarement moins ; chacun d’eux a reçu une ardoise neuve, un cahier, des crayons, une gomme et un stylo. Et, pour les motiver encore d’avantage, un goûter leur est distribué le matin et l’après-midi.

Les évènements en Libye nous causent beaucoup de souci ; en effet, beaucoup de Nigériens, dont des nombreux Touareg membres de la tribu de Madou, sont partis chercher une vie meilleure dans ce pays. Ils arrivaient à y vivre correctement de leur travail, et la plupart d’entre eux pouvaient, en plus, aider financièrement leurs familles démunies au Niger. Nos médias parlent de l’exode des travailleurs étrangers de la Libye vers la Tunisie, vers l’Egypte, des risques de voir arriver un flux important de migrants sur les côtes européennes, mais personne ne parle de la fuite des nombreux travailleurs subsahariens, la plupart « sans papiers », vers la frontière nigérienne au Sud, ce qui constitue certainement l’exode le plus tragique !
Venus par le désert, ils repartiront à travers le désert, en se faisant maltraiter et voler leurs économies en route, sans que personne ne se soucie de leur sort !
Dans les prochains temps il faudra accueillir tous ces migrants à leur retour au Niger, le pays le plus pauvre du monde ! Dans les familles il faudra se serrer encore un peu plus la ceinture, et surtout apprendre à se passer de l’aide qui arrivait de Libye et qui, bien souvent, aidait les gens tout simplement à survivre…

Nous allons, bien sûr, aider de notre mieux, mais nos moyens sont limités et nous aurions, en fait, d’autres priorités ! Mais la première des priorités n’est-elle pas de rester en vie ?
Une fois de plus, nous risquons d’être confrontés à ce cruel constat !

-------------

21 janvier 2011

Le Niger est en pleine fièvre préélectorale pour un nouveau président de la République et des nouveaux Elus (Informations sous "Quoi de neuf au Niger") et cette situation se répercute d'une façon inattendue sur nos projets .
les cours avaient repris dans notre petite école de brousse à Bagga, avec un nouvel instituteur; Ousmane, trop pris par son commerce, ne pouvait plus s'occuper de nos petits élèves, et il a fallu lui trouver un successeur, ce qui n'est pas facile en brousse. Il devait lui-même savoir correctement lire et écrire, avoir envie de s'occuper de nos enfants nomades, et accepter un salaire modeste. Or, à peine le nouveau "maître" trouvé, il vient d'être réquisionné pour les travaux d'écritures aux élections. L'école se retrouve donc une fois de plus en panne d'instituteur, mais celui-ci a promis de revenir sitôt les élections terminées.

Le jardin : Les légumes ( pommes de terre, carottes, haricots, oignons, poivrons ) poussent bien, mais il a fallu racheter deux pompes à essence pour irriguer, car à présent nos deux pompes solaires sont en panne. La situation actuelle ne permettant plus l'envoi d'expatriés sur le terrain, ce problème est malheureusement loin d'être résolu.

Madou ( Mohamadou Elhadji )s'est occupé du transport de beaucoup de malades vers l'hôpital de Tahoua, puis de leur retour vers leurs campements de brousse, puis il s'est lui-même retrouvé terrassé par la malaria. Après une semaine d'hospitalisation, il est à présent guéri.

-------------

2011 : les voeux de TATIT

-------------

7 octobre 2010

La saison des pluies est définitivement terminée et la récolte du mil a commencé. Elle semble abondante et bonne, et les prix sont encore très bas. Les gens qui peuvent financièrement se le permettre se précipitent pour faire des stocks, et bientôt les prix vont monter.
Nos éleveurs nomades ont décidé d’agir rapidement, de vendre chacun deux ou trois animaux et de mettre le produit de cette vente en commun pour acheter du mil. TATIT soutient cette action en ajoutant 1500 € à leur cagnotte. Madou se charge d’aller acheter les sacs de mil en ville et de les transporter dans les campements.

La rentrée scolaire a eu lieu début octobre. Nos écoliers de Tahoua ont tous repris le chemin des cours, même ceux qui étaient malades il y a encore une semaine, la malaria ayant sévi comme d’habitude en cette saison.
Trois filleuls sont à l’école primaire, quatre au collège, et trois poursuivent leurs études à l’Institut professionnel d’informatique et de gestion.

Notre maison de Tahoua a pris des allures d’hôpital, tellement les malades qu’il a fallu chercher en brousse pour les faire soigner à Tahoua sont nombreux. Tous ont la malaria, mais souvent d’autres pathologies (fièvre typhoïde, infections, ulcères, parasites) s’y ajoutent. Aux dernières nouvelles, ils devraient tous pouvoir être sauvés.

-------------

1 septembre 2010

La situation s'est aggravée au Niger. Aux problèmes de la famine s'ajoutent maintenant ceux provoqués par les intempéries, car cette année encore la saison des pluies est accompagnée de tempêtes et d'inondations, faisant des milliers de victimes...dont on ne trouve nulle trace dans nos médias ! (voir article)
Malheureusement, maintenant que le gouvernement nigérien soutient le travail des humanitaires, les menaces d'enlèvement de la part d'Al Qaïda et les mises en garde de la France, qui déconseille à ses ressortissants de se rendre au Niger, incitent les ONGs à ne plus envoyer leurs membres sur le terrain et à rapatrier ceux qui sont sur place. (voir article)

Bagga :
Notre jardin n'a pas été épargné par les tempêtes. L'un des deux châteaux d'eau a été arraché de son socle et est tombé. Il est hors d'usage et nous n'aurons pas d'autre choix que de le remplacer.
Par contre les cultures (mil, haricots, arachides) ont tenu bon ... jusqu'à présent !
L'une des pompes solaires est toujours en panne et nous espérons pouvoir la réparer avant d'avoir à nouveau besoin de ses services, car pour l'instant le ciel se charge très efficacement de l'irrigation du jardin !
Pour que la récolte 2010 soit bonne, encore faudra-t-il qu'il continue de pleuvoir régulièrement, mais modérément , ce qui n'est pas encore acquis !

Les campements de brousse:
Les troupeaux vont bien, l'eau étant abondante dans les zones où nos familles nomadisent pendant la transhumance.
Plusieurs familles nomades qui ont acheté ou loué des lopins de terre dans des zones agricoles se relayent pour s'occuper du mil, pendant que les autres partent avec les animaux. Nous ne pouvons que soutenir cette iniative, d'autant plus que les premiers résultats sont très encourageants !

Tahoua :
Les écoliers sont encore en vacances jusqu'en octobre.
Ekam a terminé avec succès son stage de fin de première année d'études à Niamey. Djamila a cherché en vain du travail, le marché de l'emploi étant restreint à Tahoua. Elle a donc décidé de poursuivre ses études, un niveau supérieur lui donnant d'avantage de chances de succès. Nous continuerons, bien sûr, à la soutenir.
Après sa fugue et malgré son envie de rester avec son frère aîné Assa, Bila est revenu à Tahoua et veut maintenant à nouveau y continuer sa scolarité.
A la rentrée nous accueillerons deux nouveaux filleuls, élèves de l'école primaire : Sofian qui remplace Moussa, dont nous sommes sans nouvelles, et Leila, la petite soeur de Djamila.

Nous tenons à remercier une fois de plus tous les généreux donateurs qui ont répondu à notre appel à dons pour aider nos familles dans le besoin. Grâce à eux nous avons pu acheter sur place suffisamment de mil pour qu'aucun enfant n'ait à souffrir de la faim. Nous vous en sommes très reconnaissants: un grand MERCI !

Malheureusement la prochaine récolte est encore loin et les dons sont toujours les bienvenus.

-------------

2 juillet 2010

La famine sévit toujours au Niger ( voir communiqué de l'ONU ), et risque même d’empirer, mais le début de la saison des pluies est bon et le mil pousse bien dans les champs. Malheureusement les réserves doivent encore tenir jusqu’en octobre, la période des récoltes.
Grâce aux dons faits à TATIT suite à l’appel de la présidente, 21 tonnes de mil ont pu être achetées sur place et distribuées aux familles nécessiteuses. Un grand merci aux généreux membres et sympathisants qui nous ont aidés malgré l’absence totale de cette dramatique famine dans les médias français (et européens) !

Avec la saison des pluies les moustiques pullulent et la malaria sévit, comme toujours en cette saison, mais aucun cas grave n’est à déplorer pour le moment. Par contre nous avons failli perdre Fati, la maman de 3 de nos écoliers et 4 de nos filleuls de brousse, qui a été piquée dans son campement par un serpent venimeux. Elle a pu être sauvée « in extremis » à l’hôpital de Tahoua . Elle est maintenant rétablie.

Enfin une bonne nouvelle : Djamila a réussi son examen de fin d’études de l’Institut de gestion et d’informatique de Tahoua. Après des vacances bien méritées, elle sera, après Assa, notre deuxième filleul(le) à entrer dans la vie professionnelle… si elle a la chance de trouver du travail !
Ekam poursuit son stage pratique à Niamey.
Tous les autres écoliers ont réussi leur examen de fin d’année et passent dans la classe supérieure. Youssouf sera notre prochain candidat au BEPC en 2011 …et nous l’espérons plus chanceux que ses prédécesseurs !

Une panne au Nigeria, qui fournit une partie du Niger en électricité, a privé pendant quelques semaines la ville de Tahoua de courant, et partiellement aussi d’eau, les forages étant eux aussi alimentés par l’électricité nigériane. Le courant fonctionnait au compte-gouttes quelques minutes par jour, tout le monde se ruant alors pour recharger les téléphones portables et remplir d’eau autant de bidons que possible. La panne a été réparée début juillet.

Divers : des rencontres "sahariennes" se dérouleront en France au juillet, en présence d'artistes touaregs, avec musique, films, conférences. Pour ceux que ça intéresse : www.temoust.org/rencontres-sahariennes-en-Auvergne

-------------

Fin mai 2010

Bagga :
La situation des gens est dramatique. On ne trouve plus de mil subventionné par l’Etat et les éleveurs essayent de vendre leurs animaux pour pouvoir acheter le mil au prix fort ; malheureusement les marchés sont submergés d’animaux amaigris qui ne trouvent pas preneur malgré les prix dérisoires.
La situation est dramatique pour tout le monde, mais ce sont les personnes âgées et seules qui en sont les premières victimes. Elles n’ont généralement plus d’animaux à vendre et sont prises en charge par leurs enfants, mais ceux-ci ont à présent beaucoup de mal à nourrir leur propre famille. On se serre la ceinture comme on peut, mais la famine fait de plus en plus de morts.

Nos familles sont relativement épargnées jusqu’à présent car elles sont aidées par TATIT. Grâce à l’appel à dons lancé le 18 mai, et auquel beaucoup de membres ont répondu très généreusement, 5 tonnes de mil ont pu être distribuées aux plus nécessiteux… Mais la « soudure » ne vient que de commencer et la prochaine récolte est encore loin.

Les premières pluies viennent de tomber sur la région et le mil a été semé un peu partout dans les champs. Encore faudra-t-il qu’à partir de maintenant la pluie continue de tomber régulièrement, et qu’il n’y ait pas, comme l’année dernière, uniquement des gros orages qui font plus de tort que de bien…

La plupart des familles nomades qui étaient parties au sud du pays chercher des pâturages pour leurs animaux, sont revenues, mais s’apprêtent à repartir. Les conditions de vie étaient devenues difficile à la frontière du Nigéria, et, avec le début de la saison des pluies, l’herbe recommence à pousser sur les pâturages du Nord où les nomades ont l’habitude de partir en transhumance pour « l’hivernage » (saison des pluies). Cette année toutefois, plusieurs chefs de famille ont confié leurs bêtes à des parents et sont restés dans la région de Bagga pour cultiver du mil sur des lopins de terre loués à des paysans haoussas. Cette initiative est nouvelle et TATIT la soutient en les aidant pour l’achat des semences.

Tahoua :
Nos étudiants en gestion et informatique combinent études et stages pratiques en alternance.
Mohamed, qui est dans la section « transitaire en douane », vient de rentrer d’un stage de deux mois à l’Administration des douanes de Niamey. C’était son premier contact avec la pratique de son futur métier et il est très content de cette expérience qui le conforte dans son choix. Les services qui l’ont accueilli lui ont délivré un certificat de stage très élogieux.
Ekam a pris le relais, il vient de partir pour Niamey. Nos deux étudiants n'étaient jamais allés aussi loin que la capitale, c'est donc une double expérience à laquelle ils ont eu droit !
Djamila est en stage à Agadez où a lieu la préparation aux examens pour l’obtention du diplôme.
Nos autres écoliers continuent vaillamment leurs études à Tahoua malgré la chaleur qui sévit, les coupures d’eau de plus en plus longues et fréquentes, et les tempêtes de sable annonciatrices d’orages… qui tardent à venir !

-------------

18 mai 2010

Appel à dons pour la famine :

J’ai pleinement conscience qu’il y a beaucoup de situations dramatiques non seulement dans les pays du Tiers-Monde mais également chez nous en France, et que les gens généreux sont sollicités de partout. Trop, certainement ..... C’est pourquoi j’ai beaucoup hésité avant de rédiger cet appel.

Mais la situation au Niger est devenue tellement dramatique qu’entre la mauvaise conscience de vous solliciter moi aussi et celle que j’aurais eue en restant sans rien entreprendre, j’ai choisi la première....

La famine dont souffre actuellement le Niger est ignorée des médias car elle ne fait plus recette. Celle de 2005 avait été très médiatisée, puis d’autres drames ont pris le relais sur le devant de la scène, donc dans l’attention des gens. C’est la loi de notre société de consommation que même les drames soient „jetables“....

Bien sûr on peut écarter cette nouvelle famine de nos consciences en argumentant que sa répétition, dont on se doute bien qu’elle n’est pas seulement due à la fatalité, devient lassante. Et en rejeter la faute, donc la réparation, sur des dirigeants qui ont d’avantage pensé à s’enrichir qu’à tirer leur peuple de la misère, et/ou sur un affairisme occidental sans scrupule.
C’est une chose qu’on peut faire à distance, mais quand on connait les gens, qu’on vit avec eux, qu’on les aime et qu’on connait leur courage, ce n’est pas possible.

J’ai vu mendier des familles touarègues à Niamey, c’est une vision qu’on ne peut pas oublier.
Ce n’était pas les nôtres, TATIT a pu les aider jusqu’à présent. Mais combien de temps pourront nous encore le faire avec nos petits moyens ? Le mil est hors de prix et, du gouvernement, nous n’avons eu que quelques sacs à prix réduit.

Si vous pouvez faire un geste, même s’il vous semble modeste, nous vous en serons très reconnaissants.

Danielle Kronenberger-Elhadji, présidente de TATIT

-------------

Février-Mars 2010

voir "Dernière lettre de la présidente/février-mars 2010

-------------

15 janvier 2010 :

Maintenant qu'Adamou est rétabli, c'est l'état d'Aghali, éleveur nomade, le papa de nos filleuls Ibrahim et Tewelt, qui a inspiré une grand inquétude. Il souffrait de maux multiples et dépérissait à vue d'oeil; ressorti de l'hôpital de Tahoua dans un état qui laissait supposer le pire, il a été transporté à la clinique de Galmi, sur la route de Zinder, où des analyses sérieuses ont été faites. On lui a trouvé un ulcère à l'estomac, la malaria, la fièvre thyphoïde, et des parasites intestinaux... pour ne parler que des affections les plus graves. Après une semaine d'hospitalisation, il a pu regagner son campement où il est en voie de guérison !

1er janvier 2010 :

La vie suit son cours à Tahoua comme à Bagga, avec des hauts et des bas... comme d'habitude !
Il y a beaucoup de malades en ce moment; les gens souffrent de fièvre, de nausées et de diarrhée et Madou a fait hospitaliser les cas les plus graves, qui ont été mis sous traitement anti-malarien. Une recrudescence de la malaria pendant la saison froide est plutôt inhabituelle, et pourtant Madou note un pullulement de moustiques tout aussi inhabituel en cette saison.
Il y a eu plusieurs décès dans les campements, mais c'est impossible d'en connaitre la cause exacte car souvent plusieurs facteurs en sont responsables et là-bas personne ne prend la peine de rechercher la cause des décès : la personne est morte, on l'enterre le même jour, et de savoir de quoi elle est morte n'intéresse personne ! Notre habitude de rechercher les causes d'un décès surprend les gens et leur parait totalement incongrue ... car cela ne change rien aux faits !

Mi décembre notre écolier Adamou nous a causé une belle frayeur : il souffrait de crises d'appendicite et a été hospitalisé pendant une semaine. Cependant une opération n'a pas été nécessaire et un traitement aux antibiotiques a suffi pour lui redonner la forme et le sourire ...juste à temps pour qu'il puisse profiter de ses vacances !
Notre maison de Tahoua est vide à présent, tous nos jeunes sont partis rejoindre leurs familles jusqu'à la rentrée.

1er décembre 2009 :

La saison fraîche est arrivée subitement, accompagnée de vents de sable. A Bagga la température descend à 15°C la nuit, il fait 17°C le matin, et environ 25 à 28°C dans la journée (contre 45 °C pendant la saison chaude). Les gens dorment dehors et sont mal équipés pour le froid, ce qui nous vaut de nombreux cas de grippe et de bronchites, doublés souvent de paludisme.
L'assemblée générale de TATIT a eu lieu le 13 novembre à Mulhouse et tous les membres ont à présent reçu le rapport. Il a été décidé d'acheter des animaux pour la reconstitution du cheptel, car les prix ont fortement chuté suite à la fermeture de la frontière avec le Nigeria, qui est le plus gros client du cheptel nigérien. 68 chèvres et moutons ont été distribués aux familles nomades. A présent la frontière est à nouveau ouverte mais les marchandises comme le bétail ne circulent pas encore tout à fait normalement!

-------------

Octobre 2009

22 octobre 2009 :
En signe de désaccord avec la politique du président Tanja, le Niger vient d'être suspendu de la Cédéao ( Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest ) ( Voir : Article de presse Temoust ), et l'Union Européenne s'apprête elle aussi à prendre des mesures ( Voir : Article de presse Temoust ).

Les répercussions sur le commerce local ont été immédiates : le prix des produits alimentaires de base (riz, mil, huile etc) pour la plupart importés, a doublé en quelques heures !
Notre budget n'a malheureusement pas la faculté de se multiplier par deux, et face à cette nouvelle situation, notre aide se retrouve donc dramatiquemment diminuée par rapport aux besoins.

-------------

La saison des pluies est terminée et une châleur humide, difficile à supporter, a pris le relais. Les quartiers touchés par les inondations de septembre pansent péniblement leurs plaies, dans l'indifférence des médias occidentaux.

Tahoua:
La rentrée des classes a eu lieu lundi le 5 octobre pour tous nos élèves.
Mohamed et Ekam ont rejoint Djamila dans son école privée d'informatique, comptabilité et gestion,où le niveau du BEPC est suffisant pour être admis.
Djamila, qui a terminé sa première année avec succès et est passée en deuxième année, s'était présentée en candidate libre au BEPC, mais a échoué elle aussi. Elle a fait plusieurs stages pratiques pendant les vacances et ses études lui plaisent.
Mohamed et Ekam devront faire preuve de la même ardeur, car cette école nous coûte cher (350 € par élève, c'est à dire un parrainage annuel rien que pour les frais d'inscription ) et nous ne pourrons pas nous permettre de les laisser redoubler plusieurs fois comme ce fut le cas au collège !
Moussa (qui redouble) et Bila sont en troisième, Youssouf en quatrième, Adamou en cinquième, et Albacharette est entrée en sixième.
Notre filleule de Niamey, Mariama, vit à présent à Tahoua. Sa maman y a rejoint sa famille après son divorce. Mariama va refaire son année de CE2, qui avait été interrompue à Niamey.
Mustapha termine ses études secondaires au Nigéria, où il réside avec la famille de son père. Il espère pouvoir commencer des études d'infirmier à la rentrée prochaine.

Assa, notre jeune marié et jeune papa, a repris lui aussi le chemin de l'école, mais comme instituteur. Il a retrouvé sa classe à Abalak après avoir passé les mois de vacances en formation à Tahoua. Sa jeune épouse Todecat vient de le rejoindre avec leur bébé Madel.

-------------

Septembre 2009

Niger: Des graves intempéries ont causé beaucoup de dégâts dans plusieurs pays de l'Afrique de l'Ouest, et meurtri plus particulièrement les zones sahéliennes, plus habituées à souffrir d'un manque d'eau que de son contraire ! Au Niger la ville d'Agadez a été partiellement détruite, et plusieurs quartiers de Tahoua , dont celui où se trouve notre maison, se sont retrouvés envahis par les eaux.

Bagga
Notre maison, qui venait d'être restaurée aux frais de la présidente (nouveau toit, ravalement de la façade, nouveau mur d'enceinte), a été gravement endommagée par les intempéries... et ici il n'y a aucune assurance-habitation !

Les champs de mil, qui avaient déjà souffert de l'intrusion des oiseaux mange-mil en août, ont été envahis par les eaux de l'oued en crue, ainsi qu'une partie du jardin. Néanmoins une partie de la récolte pourra être sauvée.

-------------

Juillet-août 2009

Nouvelles du Niger

La saison des pluies (appelée hivernage) est encore en cours. Les pluies ont arrosé irrégulièrement le pays : le sud a bénéficié de pluies abondantes, alors que jusqu'à ce jour elles étaient parcimonieuses au centre et presque inexistantes au nord. L'état des cultures et des pâturages dépendant de l'abondance et de la régularité des pluies, les récoltes 2009 seront en dents de scie selon les régions.
De plus, un nouveau fléau est venu s'ajouter aux aléas climatiques : les oiseaux mange-mil qui s'abattent sur les champs.
Beaucoup de paysans vont se retrouver avec des récoltes insuffisantes voire inexistantes alors que la moyenne nationale apparaitra comme bonne.

Le président Tanja a obtenu par référendum le droit de changer la constitution qui l'obligeait à quitter la tête du pays fin décembre. Il restera donc trois ans de plus au pouvoir. Beaucoup de Nigériens ne sont pas d'accord et des manifestations ont eu lieu autant à Niamey que dans différentes villes de province.

A Tahoua également il tombe depuis quelques jours des quantité inhabituelles d'eau. Le kori a lui aussi débordé et ravagé les quartiers d'habitation le long de ses berges. Beaucoup d'habitants ont tout perdu et on déplore des morts.
Notre maison va être touchée prochainement car l'eau arrive déjà devant le portail, alors que la météo prévoit d'autres pluies abondantes pour les prochains jours.

Bagga
La saison des pluies est satisfaisante et le mil, le sorgho, les haricots et les arachides, cultivés pendant l'hivernage, ont cette fois ci bien poussé, alors que des semailles précoces, en mai, avaient été détruites par le manque de pluie et la châleur. Malheureusement les oiseaux mange-mil font ici aussi beaucoup de dégâts, de sorte que le bilan de la récolte sera certainement moins bon que ne le laissaient espérer les prévisions.

Les familles installées à Bagga, même celles qui avaient décidé de devenir sédentaires, n'ont pas pu résister à l'appel de la transhumance vers le nord. Cette tradition est tellement ancrée chez les nomades que, comme le dit Madou " Un touareg qui ne part pas en transhumance, ce n'est plus un vrai touareg !".
Seulement deux familles sont restées. En attendant le retour des autres enfants, notre nouvelle petite école de brousse tourne avec seulement 7 élèves, mais ceux-ci sont très assidus et motivés.
Une bonne nouvelle : une marraine, Sybille en Allemagne, s'est manifestée pour Janata !

La pluie et la chaleur humide favorisent l'éclosion des moustiques anophèles, et c'est la période de la malaria. Beaucoup de gens sont atteints mais tous ont pu être soignés et guéris. Par contre nous avons craint pour la vie d'une fillette, Tewelt, atteinte de diphtérie. Il y a quelques années nous avions perdu Ibrahim et Yacine, morts sous nos yeux car l'aide venait trop tard. Madou est parti la chercher au nord, où ses parents nomadisent, pour la conduire à l'hôpital de Tahoua où elle a pu être traitée à temps. Malheureusement un autre enfant du même campement est tombé malade fin août. Il se trouve en ce moment en traitement à l'hôpital de Tahoua.

Carnet rose : nos jeunes mariés Todécat et Assa sont devenus les heureux parents d'une petite Madel, qui se porte bien.
Comme le veut la tradition touarègue, Todécat, qui avait rejoint son mari sur son lieu de travail, était revenue accoucher au sein de sa famille.

Tahoua
Une triste nouvelle nous est parvenue fin juillet : aucun de nos collégiens n'a réussi le BEPC.
Mohamed, Ekam et Djamila se présentaient pour la troisième année consécutive et Moussa pour la première fois. Le nouvel échec des trois premiers nous parait d'autant plus incompréhensible qu'ils avaient beaucoup travaillé et étaient, cette fois ci, sûrs de réussir. A présent le problème de leur avenir se pose sérieusement. Djamila, qui est élève d'une école privée de gestion, se présentait en candidate libre. Elle a néanmoins réussi son examen de passage vers la deuxième année dans son école, et passera un brevet professionnel l'année prochaine. Ekam veut suivre la même voie, mais c'est une école qui coûte cher. Quant à Mohamed, il n'a pas encore décidé ce qu'il veut faire, mais Madou aura une discussion sérieuse avec lui dès qu'il reviendra du nord, où il accompagne sa famille pour les transhumances.
Nos autres écoliers ont tous réussi leur examen de passage vers la classe supérieure.

Nous n'avons plus de filleule à Niamey, Mariama est à présent à Tahoua. Sa maman a divorcé et est retournée dans sa famille avec ses trois filles, qui seront inscrites dans une école à Tahoua.
La rentrée aura lieu début octobre.

-------------

Juin 2009

Nouvelles du Niger

La période pré-électorale est plutôt agitée. Des manifestations importantes ont eu lieu pour protester contre le projet de l'actuel président, M. Tanja, de changer la constitution afin de pouvoir se présenter pour un troisième mandat de 5 ans, la constitution actuelle limitant les mandats présidentiels à deux. D'un autre coté une partie non négligeable de la population souhaite que le président actuel se représente, de sorte que, quel que soit le verdict des urnes, il y aura forcément beaucoup de mécontents... donc de risques de conflits consécutifs.

Bagga
Après un début râté en mai, la saison des pluies est enfin arrivée "pour de bon". Mais toutes les plantations (mil, haricots...)étaient à refaire, car celles de mai n'ont malheureusement pas survécu à la châleur et au manque d'eau.
A présent tout pousse bien, et tout le monde espère que les pluies vont continuer à tomber régulièrement.

Les familles nomades parties vers le Nord avec leurs animaux ont moins de chance car hélàs la pluviométrie n'est guère favorable aux pâturages pour l'instant.

Jardin : Les trois pompes fonctionnent à nouveau correctement. Les deux pompes solaires ont pu être redémarrées grâce aux conseils téléphoniques de Philippe, et la pièce défectueuse de la pompe Vergnet a pu être remplacée. Les gens peuvent à nouveau s'approvisionner en eau potable.

Tahoua
Nos élèves sont en pleine période de préparation aux examens : passage d'une classe à l'autre, et BEPC. C'est le moment des "examens blancs", les vrais examens ayant lieu mi-juillet.

-------------

Mai 2009

Nouvelles du Niger

Le Niger est en pleine effervescence pré-électorale: le pays se prépare à élire un nouveau président de la république à la fin de l'année.
Des avancées ont été faites dans la recherche de solutions au problème de la rébellion touarègue au Nord.... l'inauguration, dans cette zone, de l'une des plus importantes mines d'uranium du monde qui sera exploitée par la société française Areva, n'y étant certainement pas étrangère !
Le 27 mai le grand marché de Niamey a été entièrement détruit par un incendie, plongeant non seulement la capitale mais tout le pays dans la consternation.

Bagga
Début mai la survenue d'un premier orage semblait annoncer le début de la saison des pluies. Aussitôt les plantations spécifiques à la saison humide ont été mises en route : les haricots dans le jardin, et surtout le mil sur tout notre terrain. Tout le monde s'y est mis avec ardeur.
Mais une seule pluie ne suffit pas, il faut qu'ensuite il pleuve régulièrement pour que tout pousse; malheureusement, à la fin du mois plus aucun nuage n'était repassé dans le ciel. La chaleur accablante a fait le reste : tout est calciné, perdu, et le moral des gens au plus bas.

Du coté de nos pompes les nouvelles ne sont pas bonnes non plus : elles sont en panne toutes les trois. La panne de la pompe manuelle Vergnet semble causée par un joint défectueux; Madou espère qu'il trouvera une pièce de rechange à Niamey et que tout rentrera dans l'ordre rapidement, car cette pompe fournit l'eau potable.
Malheureusement la remise en route des deux pompes solaires du jardin s'avère plus compliquée. Le système fonctionne, mais les pompes refusent de pomper malgré la présence de suffisamment d'eau dans les puits. La maintenance habituelle n'ayant pas résolu le problème, c'est Philippe, "électricien sans frontières", qui essayera de débloquer la situation grâce à une "assistance téléphonique".

Le 6 juin : les deux pompes solaires ont pu être remises en marche.... et pour la pompe Vergnet c'est en bonne voie !

Comme chaque année en cette saison,toutes les familles nomades installées dans les campements ont quitté la région de Bagga pour partir en transhumances vers le Nord.
Deux des familles installées à Bagga sont reparties elles aussi avec leurs animaux et l'école tourne avec la moitié des élèves, mais ceux qui restent sont très assidus.

-------------

Avril 2009


Il fait chaque année très chaud en cette saison, mais depuis avril c'est une châleur anormalement élevée qui sévit sur une grande partie du Niger.
Cette fournaise a des répercussions dramatiques au niveau agricole puique les cultures crament dans les jardins.

A Bagga nous possèdons maintenant un système d'irrigation au sol performant, malheureusement il ne peut empêcher le soleil de tout brûler par le haut.
Les pommes de terre, tomates, oignons, poivrons et carottes plantés au début de l'année ont pu être récoltés avant que les dégâts ne soient trop importants, mais des nouvelles cultures sont à présent impossibles. Par contre la récolte des mangues, qui arrivent à maturation en juin, sera cette année catastrophique puisque Madou estime que tout au plus 20 % des fruits auront survécu jusque là.
Les humains et les animaux ne sont pas mieux lotis que les plantes, puisque cette année la "soudure" (période allant du milieu de la saison sèche à la prochaine saison des pluies et aux prochaines récoltes) s'annonce d'ors et déjà comme particulièrement dure. Les animaux ne trouvent plus d'herbe sur les pâturages et chez les humains aussi les réserves de nourriture commencent à tarir.

Un cas de rougeole, importé par des visiteurs, a quelque peu perturbé la vie de nos écoliers de Tahoua. L'enfant malade a été hospitalisé et soigné, et tous les autres enfants vaccinés. Tout est rentré dans l'ordre à présent.

Heureusement qu'il n'y a pas que des mauvaises nouvelles ! Assa se plait bien dans sa nouvelle fonction d'instituteur. Sa jeune épouse Todécat l'a rejoint dans le village de brousse où se trouve son école et tous deux s'habituent bien à leur nouvelle vie.

-------------

Mars 2009

Bagga :
Début mars : les cours d'alphabétisation ont démarré dans la nouvelle paillote-école à coté de notre maison pour une quinzaine d'enfants. C'est Ousmane, qui donnait déjà ces cours dans "notre ancienne école de brousse" qui s'en occupe. Pour motiver les enfants et garantir leur assiduité, un goûter leur est servi pendant la pause du matin et de l'après-midi. En effet, il n'est pas facile pour ces enfants plutôt habitués à courir en brousse derrière les chèvres, les moutons et les chameaux, de rester assis plusieurs heures pendant les cours.
Pour l'instant ce sont les enfants des famille sédentarisées à Bagga qui fréquentent ces cours, mais nous espérons pouvoir convaincre les familles nomades qui vivent dans les campements de nous confier quelques uns de leurs enfants, du moins pendant la saison sèche, quand ils se déplacent moins.

La saison sèche et chaude a amené, comme malheureusement tous les ans, une épidémie de méningite qui a déjà fait de nombreux morts au Niger. La région de Bagga n'est pas épargnée et une fillette de 12 ans est morte fin février dans l'un des campements. Madou a aussitôt fait vacciner 173 enfants.

Pour sensibiliser les nomades des campements au problème du sida , Madou leur projette, grâce à un groupe électrogène qui nous a été offert, un film réalisé par des ONGs chargées de faire de la prévention. Normalement ces films de sensibilisation, présentés dans les centres urbains, ne touchent pas les nomades qui circulent en brousse. Pour attirer les jeunes, Madou présente d'abord un film qui les intéresse (kung fu, western, film indien), puis le film sur la prévention du sida. Ce sont surtout les femmes qui se montrent les plus intéressées.

-------------

Décembre 2008 et janvier 2009 :

voir "Dernière lettre de la présidente/janvier 2009"

-------------

Novembre 2008

Tahoua :
La rentrée scolaire a eu lieu en octobre dans des bonnes conditions.

Le tout nouvel Institut Universitaire de Technologie(IUT)vient d'être officiellement inauguré à Tahoua. Les élèves ayant réussi le BEPC ou le Bac y seront formés à divers métiers du secteur bancaire (finance et comptabilité) et à la gestion d'entreprise.Par la suite une section "hôtellerie et tourisme" y sera ouverte.

Bagga :
Le retour des familles nomades dans la vallée de Bagga a connu les problèmes habituels de conflits avec les agriculteurs sédentaires. Il ne tient toujours qu'à un fil que ces affrontements ne dégénèrent en "guerre" interethnique et Madou a fort à faire pour calmer les esprits.

Les prix ont encore beaucoup augmenté et l'achat du riz et du mil devient de plus en plus problématique.

-------------

Septembre 2008

Pendant que chez nous l’automne commence à parer la nature de somptueuses couleurs, au Niger c’est la saison des pluies (appelée hivernage) qui se termine pour laisser la place à une arrière-saison encore humide, qui est difficile à vivre.Non seulement l’humidité résiduelle rend la chaleur plus pesante, mais c’est maintenant qu’éclosent les innombrables larves que les moustiques anophèles ont pondu partout où la pluie a laissé de l’eau stagnante, et que la malaria fait le plus de victimes. Nos familles nomades et nos écoliers de Tahoua n’ont pas été épargnés. Comme tous les ans à cette époque, Madou a du chercher de nombreux malades dans les campements pour les emmener à l’hôpital de Tahoua où ils ont pu être soignés. Il n’existe toujours aucun vaccin ni aucun produit préventif pouvant être pris par les autochtones. Les moustiquaires sont efficaces pendant le sommeil, mais la nuit fait déjà son apparition, en même temps que les moustiques, vers 19h ! Les nouveaux médicaments traitants demeurent trop chers pour de nombreuses familles, dont font partie nos tribus touarègues. Et aucune assurance médicale ne rembourse les frais de santé, payants pour tous. Cependant le gouvernement nigérien vient de rendre gratuits les soins médicaux pour les enfants de moins de cinq ans.

Tahoua :
Tous les écoliers sont déjà revenus de la brousse pour se préparer pour la rentrée scolaire , qui aura lieu début octobre. Il faut s’occuper des inscriptions (payantes) dans les différentes écoles que vont fréquenter nos filleuls, commander les nouveaux uniformes, acheter le matériel scolaire, renouveler la garde-robe de chacun, habits et surtout chaussures, et remettre en état les vélos.

Notre aîné, Assa, passe en classe de première et sera bientôt candidat au bac. Il distance à présent très nettement ses anciens compagnons d’études, Mohamed, Ekam et Djamilla,qui refont pour la quatrième fois la classe de troisième, où ils sont rejoints par Moussa. Heureusement pour eux l'âge et les années ne comptent pas au Niger, et il n'y a pas de limites au redoublement d'une année scolaire. Albacharette commence sa dernière année au primaire, alors que Bila, Youssouf et Adamou continuent lentement mais sûrement leur progression vers le BEPC. Après avoir renoué pendant une partie de leurs vacances avec la vie nomade, tous nos écoliers sont contents de retrouver leurs habitudes citadines et de reprendre les cours. Les aînés sont à présent des adultes qui aimeraient bien pouvoir démarrer une formation professionnelle concrète mais pour cela il faut qu'ils décrochent au moins le BEPC !

Bagga :
Toutes nos familles nomades sont encore en transhumance en attendant de revenir dans la région de Bagga dès que le mil sera coupé. A cause du manque de pluie sur les pâturages du nord, l’herbe est rare et les éleveurs se déplacent souvent très loin pour que leurs animaux puissent se nourrir. Néanmoins les nouvelles du cheptel sont bonnes et il n’y a pas eu beaucoup de pertes à déplorer.

-------------

Août 2008

Des fortes précipitations ont provoqué des inondations dans le sud du pays, mais au nord de Tahoua la pluie se fait à nouveau rare et nos éleveurs ont du mal à trouver des pâturages pour leurs animaux.
Bagga :
La maturation du mil deviendra problématique si des précipitations plus soutenues tardent trop à tomber.

Tahoua :
Nos trois collégiens Mohamed, Ekam et Djamila ont échoué à leur troisième tentative de passer le BEPC . Au niveau national, sur les 46.837 candidats présentés, 14.333 ont été admis, soit un taux de réussite de 30,6% contre 19,6% en 2007.
Nous ne savons pas encore quelle voie pourra être choisie pour nos 3 écoliers. Avant la rentrée il va falloir décider de l'orientation à prendre pour leur avenir.

-------------

Juillet 2008

Bagga : La pluie tombe enfin et les cultures (mil, haricots) ont été mises en route.
C'est la saison des mangues. Elles sont suffisamment abondantes dans notre jardin pour que les gens puissent en manger à volonté et en vendre une partie au petit marché.

La situation alimentaire des nomades reste cependant précaire: Le mil se fait rare et les prix augmentent sans cesse. Une aide d'urgence devenant incontournable, des fonds ont été envoyés du compte de TATIT fin juin pour l'achat de 53 sacs de 100 kilos de mil. Cependant début juillet le gouvernement nigérien a mis en route un plan de vente de mil à prix réduit pour les nécessiteux et nous espérons que les gens de Bagga pourront en bénéficier.

Tahoua : L'année scolaire est terminée, tous nos écoliers montent dans la classe supérieure. Djamila, Mohamed et Ekam ont repassé le BEPC, mais les résultats ne seront connus que fin juillet.

-------------

Juin 2008

La saison des pluies vient de commencer, du moins au sud du pays.
A Bagga il y a eu quelques ondées, mais ce n'est pas encore suffisant pour pouvoir commencer la culture du mil.

Les familles nomades installées sur les champs de mil devront impérativement quitter les lieux mi-juin et se rendre au Nord pour les transhumances de l"hivernage" (saison des pluies).

Bagga :
Les deux "Electriciens sans Frontières" ont pu mener à bien l'installation et la mise en route de deux systèmes de pompage solaire dans notre jardin.
Sur le "petit marché"de Bagga-Gao l'énergie solaire a pris le relais des lampes à pétrole. Notre petite boutique est maintenant dotée d'un réfrigérateur relié à une plaque solaire, ce qui nous permet enfin d'y conserver des médicaments.
Achmadou a été initié à la maintenance du matériel solaire.
Un grand MERCI à nos deux Philippe(s) pour leur travail, leur enthousiasme et leur dévouement !

Montage du matériel solaire (photos Philippe Roche) fourni par la firme LORENTZ Gmbh& Co (D 24558 Henstedt-Ulzburg)

Grâce à des dons, deux nouvelles petites maisons en banco vont pouvoir être construites juste à temps pour permettre à deux familles souhaitant se sédentariser, l'une avec 4 enfants et l'autre avec 11 enfants, de quitter leurs paillotes avant la saison des pluies.

Tahoua :
Mohamed, Ekam et Djamila sont en pleines révisions pour leur troisième tentative de passer le BEPC , fin juin.
Nos autres écoliers attendent avec impatience d'avoir leur bulletin scolaire pour savoir s'ils sont acceptés dans la classe supérieure.
Dès la fin des cours tous rejoindront leurs familles dans les campements et redeviendront, le temps des vacances, des jeunes nomades comme les autres.

L'association

Alicia n'ayant plus le temps de s'occuper du site et comme aucun "volontaire" n'a pu être trouvé pour la remplacer, c'est la présidente qui s'initie à sa maintenance et qui en sera dès maintenant la "webmistress".
Vous serez ainsi plus régulièrement tenus au courant des dernières nouvelles grâce à des mises à jour plus fréquentes.
Suite à ce changement notre site a lui aussi changé d'adresse, mais nous espérons que celle-ci sera définitive.
Pour le moment les internautes qui utiliseront les deux anciennes adresses seront automatiquement redirigés vers la nouvelle.

Nouvelle adresse du site de TATIT : www.touareg-bagga.org








~ accueil ~